Mon soutien psy : se conventionner ou pas ?
Tarif, nombre de séances, conditions d'accès, objections de la profession : les paramètres vérifiés du conventionnement Mon soutien psy, au 8 août 2026.

Se conventionner à Mon soutien psy engage un psychologue sur un tarif de séance fixé à 50 €, dans la limite de 12 séances par an et par patient, et suppose un numéro RPPS, un master en psychologie et trois ans d'expérience clinique. La convention type date du 2 mars 2022 et a été modifiée par arrêté du 17 juin 2026. Les paramètres du dispositif ont changé plusieurs fois : ils se vérifient sur ameli.fr avant toute décision.
En bref
- •Tarif fixé à 50 € la séance, dans la limite de 12 séances par an et par patient : un entretien d'évaluation puis jusqu'à 11 séances de suivi (ameli.fr, août 2026).
- •L'Assurance maladie rembourse 60 % de ce montant, le solde relevant de la complémentaire santé du patient.
- •L'accès est direct : aucune orientation médicale préalable n'est nécessaire pour consulter un psychologue conventionné.
- •Candidature soumise à trois conditions cumulatives : numéro RPPS, master en psychologie ou diplôme équivalent, trois ans d'expérience en psychologie clinique ou psychopathologie.
- •Le Syndicat national des psychologues s'oppose au dispositif au nom de l'autonomie professionnelle, sur un terrain qui n'est pas celui du tarif.
Je ne suis ni psychologue ni juriste, et je n'ai aucun intérêt dans l'issue de cette décision. Cet article rassemble les paramètres vérifiables et les arguments des deux camps. Il ne milite pas, et il ne remplace pas la lecture de la convention type sur Légifrance.
Six paramètres définissent l'engagement, et ils ont changé plusieurs fois depuis 2022
C'est la première précaution à prendre sur ce sujet : la moitié de ce qui circule décrit une version antérieure du dispositif.
Créé en 2022, Mon soutien psy a vu son tarif, son nombre de séances et ses conditions d'accès modifiés depuis. La convention type entre l'Assurance maladie et les psychologues partenaires a été fixée par un arrêté du 2 mars 2022, modifié par un arrêté du 17 juin 2026 publié au Journal officiel. Toute lecture d'un article antérieur à cette date, y compris la version précédente de celui-ci, doit être recoupée.
Version texte de l'infographie ci-dessus.
| Paramètre | Valeur au 8 août 2026 | Source |
|---|---|---|
| Tarif de la séance | 50 € | ameli.fr |
| Nombre de séances | 12 par an et par patient : 1 entretien d'évaluation, puis jusqu'à 11 séances de suivi | ameli.fr, info.gouv.fr |
| Part remboursée par l'Assurance maladie | 60 %, le solde relevant de la complémentaire santé | ameli.fr |
| Accès du patient | Direct, sans orientation médicale préalable | ameli.fr |
| Conditions de candidature | Numéro RPPS, master en psychologie ou diplôme équivalent, 3 ans d'expérience en psychologie clinique ou psychopathologie | ameli.fr |
| Cadre juridique | Convention type de l'arrêté du 2 mars 2022, modifié par l'arrêté du 17 juin 2026 | Légifrance |
Un point n'est pas repris ici, faute d'avoir pu le vérifier à la source officielle : les modalités de tiers payant font l'objet d'évolutions annoncées pour 2026, largement commentées par la presse sectorielle. Leur état en vigueur se vérifie sur ameli.fr, et je préfère ne pas publier une date que je n'ai pas confirmée.
Le tarif de 50 € se juge au coût horaire réel, écrits compris
La critique la plus fréquente porte sur le montant. Elle est juste, mais elle est mal posée quand elle s'arrête au différentiel avec le tarif libre.
Une séance n'est pas un bloc isolé de quarante-cinq minutes. Il y a la préparation, la note rédigée après coup, parfois un courrier, la coordination avec un confrère, la gestion des rendez-vous et la facturation. Rapportés à ce temps total, les 50 € donnent un taux horaire effectif sensiblement inférieur au tarif affiché.
L'ordre de grandeur de ce travail non facturé n'est mesuré, en France, que chez les médecins généralistes libéraux : environ 4 heures hebdomadaires de gestion, de secrétariat et de comptabilité sur 57 heures déclarées, selon la DREES et l'Observatoire régional de la santé des Pays de la Loire (Études et Résultats n° 797, mars 2012). Aucune mesure publique équivalente n'existe pour les psychologues, comme nous le détaillons dans notre inventaire de la charge administrative du psychologue libéral.
Le calcul à faire avant de signer est donc individuel : additionner le temps réellement engagé par patient, écrits compris, et diviser. Le résultat ne dit pas s'il faut se conventionner. Il dit à partir de quel volume d'activité le tarif devient tenable.
Ce qui divise la profession n'est pas le tarif, c'est la place que le conventionnement assigne au psychologue
Si le débat se limitait à l'argent, il serait clos depuis longtemps.
Le Syndicat national des psychologues dénonce publiquement le dispositif au nom d'un argument de fond : le conventionnement ferait basculer le psychologue dans un champ paramédical, sous l'autorité de l'Assurance maladie, au détriment de son autonomie clinique. Encadrer le nombre de séances, les critères d'inclusion et le tarif revient, dans cette lecture, à encadrer le cadre thérapeutique lui-même.
L'argument inverse est tout aussi sérieux et mérite d'être exposé avec la même précision. Le frein financier reste l'un des motifs de renoncement aux soins en santé mentale, et un dispositif remboursé fait entrer en consultation des personnes qui n'y seraient jamais venues. Un praticien peut estimer que cet accès prime sur la contrainte de cadre, sans renier quoi que ce soit de sa pratique.
Ces deux positions ne se départagent pas par un calcul. Elles se départagent par ce que chacun considère comme non négociable dans son exercice.
Le nombre de psychologues conventionnés est publié, le taux de refus qui circule ne l'est pas
C'est le point où je m'écarte le plus de ce qu'on lit ailleurs, et je préfère l'expliquer plutôt que de trancher.
L'Assurance maladie publie le nombre de psychologues ayant signé une convention : une page d'actualité d'ameli.fr consultée le 8 août 2026 fait état de plus de 6 700 signataires. Ce nombre progresse, et il diffère selon la date de chaque communication : un dossier de presse de janvier 2026 en annonçait un peu plus de 6 200.
En revanche, je n'ai pas identifié, publié par la même source et à la même date, le nombre de psychologues en exercice libéral en France. Or c'est ce dénominateur qui permettrait de calculer un taux d'adhésion ou de refus. Les pourcentages qui circulent, souvent supérieurs à 90 % de refus, reposent donc sur des dénominateurs choisis par leurs auteurs, parfois l'ensemble de la profession toutes modalités d'exercice confondues, parfois les seuls libéraux, parfois les seuls psychologues éligibles. Ces trois bases donnent trois résultats très différents, et je ne reprends aucun de ces pourcentages.
Ce qui reste solide, et suffit à l'argument : plusieurs milliers de psychologues sont conventionnés, la profession en compte nettement plus, et le principal syndicat de la profession appelle à ne pas signer. Le conventionnement est minoritaire, sa mesure exacte ne l'est pas.
Pour qui le dispositif a du sens, pour qui il n'en a pas
Cette grille est une analyse, pas une donnée. Elle croise les paramètres vérifiés ci-dessus avec les configurations d'exercice les plus courantes.
| Plutôt favorable si | Plutôt défavorable si |
|---|---|
| Votre agenda comporte des créneaux libres à remplir | Votre agenda est déjà plein au tarif libre |
| Vous pratiquez des accompagnements brefs et ciblés | Vous travaillez sur des suivis longs et complexes |
| L'accès aux soins est une valeur centrale de votre pratique | L'autonomie totale du cadre est non négociable pour vous |
| Votre coût horaire réel reste tenable à 50 € | Le tarif rapporté au temps total vous fait perdre de l'argent |
| Vous justifiez des trois ans d'expérience clinique exigés | Vous sortez du master, la question ne se pose pas encore |
Cette dernière ligne est souvent oubliée. Les conditions de candidature écartent de fait les psychologues qui viennent d'obtenir leur master : l'arbitrage n'arrive qu'après trois ans d'exercice, ce qui en fait une décision de milieu de parcours et non une décision d'installation. Nous replaçons ce calendrier parmi les décisions de la première année en libéral.
Trois questions à se poser avant de signer
Quelle patientèle voulez-vous construire ? Le dispositif est une porte d'entrée. Il amène des personnes qui n'auraient pas consulté, souvent pour des demandes ciblées et dans un format court. Si votre pratique vit de suivis au long cours, ce flux ne correspond pas à votre modèle.
Quel est votre coût horaire réel ? Posez sur le papier le temps complet d'un patient : séance, note, courrier, coordination, gestion. Divisez votre revenu par ces heures. Vous saurez si 50 € tient dans votre organisation actuelle.
Quelle place donnez-vous à l'autonomie de votre cadre ? Il n'y a pas de honte à accepter un cadre encadré en échange d'un flux de patients. Il n'y en a pas davantage à le refuser pour protéger son indépendance. La décision doit simplement être prise, pas subie.
Ce que je peux dire, et ce que je ne peux pas
Je ne suis pas psychologue, je n'ai jamais eu à prendre cette décision, et je me méfie des éditeurs de logiciels qui se prononcent sur les choix d'exercice de leurs utilisateurs. Voici donc précisément ce que j'apporte, et rien de plus.
Ce que j'apporte : une vérification des paramètres à une date donnée, l'exposé des deux positions, et le refus des pourcentages non sourçables. Ce sujet est saturé de chiffres recopiés d'année en année sans que personne ne revérifie la version du dispositif à laquelle ils se rapportent.
Ce que je n'apporte pas : un avis sur la bonne décision, une projection de revenus, ou une lecture juridique de la convention type. Ces trois choses relèvent respectivement de vous, de votre comptable et d'un juriste.
Une observation, tout de même, qui vaut des deux côtés de la décision. Le temps passé sur les écrits cliniques ne change pas selon que la séance est conventionnée ou non. Une note de séance à 50 € coûte le même temps qu'une note de séance à 80 €, ce qui signifie que la part administrative pèse mécaniquement plus lourd dans le second cas. C'est le seul terrain sur lequel j'ai quelque chose à proposer, et c'est celui sur lequel nous travaillons : ce qui pèse sur l'équilibre d'un cabinet ne se joue pas seulement au tarif, cela se joue aussi sur ce qui reste à faire après la séance, comme l'illustre notre article sur l'épuisement des professionnels de la santé mentale. Les obligations de conformité qui accompagnent l'exercice, conventionné ou non, sont rassemblées sur notre hub conformité.
Questions fréquentes
Faut-il se conventionner à Mon soutien psy ?
Il n'existe pas de réponse universelle. La décision se prend sur trois critères : le remplissage de votre agenda au tarif libre, votre coût horaire réel une fois les écrits et la gestion comptés, et la place que vous accordez à l'autonomie de votre cadre thérapeutique face à un dispositif encadré.
Combien gagne un psychologue conventionné Mon soutien psy par séance ?
Le tarif de la séance est fixé à 50 € au 8 août 2026, dans la limite de 12 séances par an et par patient. Ce montant est celui de la séance, pas du temps total engagé : la note, les courriers et la gestion ne sont pas rémunérés séparément.
Comment devenir psychologue conventionné Mon soutien psy ?
L'Assurance maladie exige trois conditions cumulatives : disposer d'un numéro RPPS, être titulaire d'un master en psychologie ou d'un diplôme de niveau équivalent, et justifier d'au moins trois ans d'expérience professionnelle en psychologie clinique ou psychopathologie. Les pièces sont examinées par une commission d'experts.
Combien de séances sont remboursées par Mon soutien psy ?
Douze par an et par patient : un entretien d'évaluation, puis jusqu'à onze séances de suivi. L'Assurance maladie rembourse 60 % du tarif de 50 €, le solde relevant de la complémentaire santé du patient. L'accès se fait sans orientation médicale préalable.
Pourquoi les psychologues refusent-ils Mon soutien psy ?
Le Syndicat national des psychologues dénonce une paramédicalisation de la profession : encadrer le tarif, le nombre de séances et les critères d'inclusion revient, selon lui, à encadrer le cadre thérapeutique. L'objection porte sur l'autonomie professionnelle davantage que sur le montant de la séance.
Sources et références
- •Ameli, accompagnement avec un psychologue conventionné, dispositif Mon soutien psy (source officielle, vérifié à la source : tarif de 50 €, 12 séances, remboursement à 60 %, accès direct)
- •Ameli, déposer sa candidature pour devenir psychologue conventionné (source officielle, vérifié à la source : RPPS, master, trois ans d'expérience clinique)
- •Ameli, convention type applicable aux psychologues partenaires (source officielle)
- •Légifrance, arrêté du 17 juin 2026 modifiant l'arrêté du 2 mars 2022 fixant la convention type (source officielle : texte de référence en vigueur)
- •Info.gouv.fr, Mon soutien psy : 12 séances remboursées par an (source officielle)
- •Ameli, plus de 6 700 psychologues ont signé une convention avec l'Assurance maladie (source officielle, chiffre évolutif, page consultée le 8 août 2026)
- •Assurance maladie, dossier de presse du 16 janvier 2026 sur le dispositif Mon soutien psy (source officielle)
- •Syndicat national des psychologues, Mon soutien psy : une paramédicalisation des psychologues qui ne se cache plus (organisation professionnelle, position publique)
- •DREES et ORS Pays de la Loire, Les emplois du temps des médecins généralistes, Études et Résultats n° 797, mars 2012 (vérifié à la source ; donnée relative aux médecins généralistes, non transposable aux psychologues)
Sources consultées le 8 août 2026. Les paramètres de ce dispositif ont été modifiés à plusieurs reprises depuis 2022 : vérifiez leur valeur en vigueur sur ameli.fr avant de vous engager.
Si la question qui vous occupe est celle du temps passé après la séance, conventionné ou non, vous pouvez demander un accès et juger sur une consultation réelle.
Mounir Fassouane
Fondateur de Pllume
Mounir a imaginé Pllume pour sa compagne, professionnelle de la santé mentale. Chaque soir, il la voyait reprendre ses notes après une journée déjà longue, le travail se prolongeant bien après la dernière consultation. Il a voulu lui rendre ces heures, alléger sa charge mentale et lui redonner du temps en famille. C'est de cette proximité quotidienne avec le métier qu'il écrit ici. La charge documentaire, l'isolement du libéral, les exigences de conformité : tout ce qui éloigne le praticien de l'essentiel, le soin.
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