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Conformité & déontologie

Secret professionnel et IA en santé mentale

Peut-on confier à un outil d’intelligence artificielle des informations couvertes par le secret ? Oui, à condition de garder la maîtrise des garanties. Le principe est simple : le secret professionnel engage le praticien, pas l’outil. C’est donc au praticien de s’assurer que tout prestataire protège réellement ce secret : par contrat, et mieux encore, par conception.

Mis à jour le 14 juin 2026 · Lecture 6 min · Contenu informatif, ne constitue pas un conseil juridique.

Le secret engage le praticien

Le secret professionnel est posé par l’article 226-13 du Code pénal et, pour les médecins, précisé par le Code de la santé publique. Il protège la confidence du patient et conditionne la relation de soin. Point décisif : la responsabilité pénale pèse sur le professionnel. Recourir à un prestataire numérique ne transfère pas cette responsabilité, elle reste vôtre.

Autrement dit, la question n’est pas « ai-je le droit d’utiliser une IA ? » mais « le prestataire que je choisis protège-t-il le secret aussi bien que moi ? ».

Les garanties à exiger d’un prestataire

L’article 28 du RGPD exige que tout sous-traitant présente des « garanties suffisantes ». Pour un outil traitant de la parole clinique, cela signifie concrètement :

  • ✓ un contrat de sous-traitance définissant rôles, finalités et interdiction de réutilisation des données ;
  • ✓ un chiffrement des contenus, en transit et au repos ;
  • ✓ un hébergement certifié HDS, idéalement en France ;
  • ✓ l’absence d’accès humain non autorisé aux audios, transcriptions et notes ;
  • ✓ une minimisation des données réellement transmises aux composants automatisés.

Protéger le secret par conception, pas seulement par contrat

Un contrat est nécessaire, mais il reste une promesse. La protection la plus solide consiste à anonymiser les données identifiantes avant tout traitement automatisé : si les noms, dates de naissance et identifiants sont masqués sur le poste du praticien, les composants d’analyse ne voient jamais l’identité du patient.

Le secret n’est alors plus seulement promis ; il est techniquement protégé. C’est la différence entre « nos serveurs sont sécurisés » et « le modèle ne voit jamais vos patients ».

Les 5 questions à poser à un éditeur

  1. Où sont hébergées les données ? L’hébergeur est-il certifié HDS, et en France ?
  2. Les identifiants patient sont-ils anonymisés avant tout traitement automatisé ?
  3. Existe-t-il un contrat de sous-traitance (article 28) clair, sans réutilisation des données à mon insu ?
  4. Qui peut, humainement, accéder aux contenus cliniques, et dans quelles conditions ?
  5. Le contenu produit est-il soumis à ma validation avant tout usage ?

→ Le cadre légal de l’enregistrement · → L’hébergement HDS en France

Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil juridique. Pour une analyse adaptée à votre situation, rapprochez-vous de votre Ordre, de votre instance professionnelle ou d’un conseil juridique.

Questions fréquentes

Utiliser une IA pour ses notes viole-t-il le secret professionnel ?+

Pas en soi. Le secret professionnel (article 226-13 du Code pénal) engage le praticien. Utiliser un outil d'IA est licite si le praticien s'assure que le prestataire offre des garanties suffisantes : contrat de sous-traitance (article 28 du RGPD), chiffrement, hébergement HDS, et absence d'accès humain non autorisé aux contenus cliniques.

Le secret professionnel s’applique-t-il au prestataire d’IA ?+

La responsabilité pénale du secret pèse sur le praticien. Le prestataire est tenu par le contrat de sous-traitance et, le cas échéant, par une obligation de confidentialité. C'est au praticien de choisir un prestataire dont les garanties protègent effectivement le secret.

L’anonymisation suffit-elle à protéger le secret ?+

L'anonymisation des identifiants avant tout traitement automatisé réduit fortement le risque : les composants d'analyse ne voient pas l'identité du patient. Elle ne remplace pas les autres garanties (hébergement HDS, sous-traitance encadrée, sécurité), mais protège le secret par conception plutôt que par seule promesse contractuelle.

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