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Modèle clinique

Modèle de note de séance enfant et adolescent pour psychologue

Une note de séance avec un enfant ou un adolescent comporte huit rubriques : cadre de la séance, demande de l’enfant, demande et observations des parents, retentissement rapporté, déroulé, cadre de confidentialité, éléments de sécurité et de danger, suite envisagée. Sa particularité tient en une phrase : il y a plusieurs demandes dans la pièce, et la note doit les distinguer.

Mis à jour le 24 août 2026 · Lecture 8 min

Cabinet de psychologue recevant un enfant accompagné

En bref

En consultation d’adulte, une demande arrive au cabinet. Avec un enfant ou un adolescent, il y en a au moins deux, souvent trois : celle de l’enfant, celle des parents, parfois celle de l’école ou d’un tiers qui a orienté. Elles ne coïncident presque jamais. Une note qui les fond en une seule attribue à l’enfant une demande qui n’est pas la sienne, et rend le suivi illisible six mois plus tard. Ce modèle sépare donc les demandes, rend explicite le cadre de confidentialité convenu, et réserve une rubrique aux éléments de sécurité, qui se rédige au factuel.

Le modèle complet, à copier

Voici la trame vierge. Elle se copie telle quelle dans un dossier ou un traitement de texte. Les rubriques non pertinentes se suppriment, à deux exceptions près : le cadre de confidentialité et les éléments de sécurité, qui gagnent à figurer même quand il n’y a rien de particulier à signaler, parce que leur absence de trace est plus coûteuse que leur brièveté.

NOTE DE SÉANCE — ENFANT / ADOLESCENT 1. Cadre de la séance Enfant (identifiant ou initiales) : Âge : Date et heure : Durée : Lieu : cabinet / visioconférence / établissement Séance n° : Qui est présent : enfant seul / enfant et parent(s) / fratrie Qui accompagne et qui attend en salle d’attente : Origine de l’orientation : parents / médecin / école / autre 2. Demande de l’enfant Ce que l’enfant ou l’adolescent formule lui-même, dans ses mots. Citer, ne pas reformuler. Si aucune demande propre n’est exprimée à ce stade, l’écrire. 3. Demande et observations des parents Ce que le ou les parents attendent, et ce qu’ils rapportent. En discours rapporté et attribué ("la mère décrit", "le père rapporte"), distinct de la rubrique 2. 4. Retentissement rapporté Sommeil, scolarité, relations aux pairs, vie quotidienne, alimentation, écrans. Préciser pour chaque élément qui le rapporte : l’enfant, un parent, l’école. 5. Déroulé de la séance Support utilisé : jeu, dessin, jeu de rôle, parole, médiation. Ce qui s’est passé, en descriptif : ce que l’enfant a fait, dit, évité ; ce qui a été proposé et comment il y a répondu. 6. Cadre de confidentialité Ce qui a été convenu avec l’enfant sur ce qui est transmis aux parents et ce qui ne l’est pas. Ce qui a été convenu avec les parents sur le même point. Date à laquelle ce cadre a été posé ou révisé. 7. Éléments de sécurité et de danger Ce qui a été constaté. Ce qui a été dit, et par qui. Ce qui a été fait : exploration menée, personnes informées, démarches engagées, avis sollicité. Ne jamais écrire une affirmation d’absence de danger. 8. Suite envisagée Prochaine séance et son objet. Entretien parental prévu. Orientation ou coordination envisagée. Éléments à revoir. Rédacteur : Date de rédaction :

Chaque rubrique expliquée

1. Cadre de la séance

Beaucoup plus déterminant que l’en-tête d’une note d’adulte. Une séance où l’enfant est reçu seul et une séance où un parent est présent ne produisent pas le même matériel, et se relisent différemment. Notez qui était dans la pièce, qui accompagnait, et qui attendait derrière la porte : un adolescent parle rarement de la même façon quand sa mère est dans la salle d’attente. L’origine de l’orientation appartient aussi au cadre, parce qu’elle explique souvent l’écart entre les demandes.

2. Demande de l’enfant

La rubrique la plus souvent écrasée, et celle qui justifie ce modèle. Elle consigne ce que l’enfant formule lui-même, dans ses mots, en citant plutôt qu’en reformulant : « je veux que ça arrête de crier à la maison » n’est pas « difficultés de comportement ». Si aucune demande propre n’est exprimée, écrivez-le. C’est une information clinique, pas un vide à combler avec celle des parents.

3. Demande et observations des parents

Ce que les parents attendent de la consultation, et ce qu’ils rapportent de la maison. Le tout en discours rapporté et attribué : « la mère décrit », « le père rapporte », parce que deux parents décrivent parfois deux enfants différents. Cette rubrique existe pour que la demande parentale soit consignée sans être confondue avec celle de l’enfant ni avec vos propres constats.

4. Retentissement rapporté

Sommeil, scolarité, relations aux pairs, quotidien. La règle est d’indiquer pour chaque élément qui le rapporte. Un retentissement scolaire signalé par l’enseignante, contesté par les parents et non repris par l’enfant est un tableau clinique en soi, que la note perd entièrement si elle écrit seulement « difficultés scolaires ».

5. Déroulé de la séance

Ce qui s’est réellement passé, en descriptif. Avec un enfant, le support fait partie du contenu : un dessin, un jeu de figurines ou un jeu de rôle ne se résument pas par « séance de jeu ». Décrivez le support, ce que l’enfant en a fait, ce que vous avez proposé et comment il y a répondu. Un observateur extérieur devrait pouvoir constater la même chose ; les hypothèses restent des hypothèses et se signalent comme telles.

6. Cadre de confidentialité

La rubrique propre au travail avec les mineurs. Ce que l’enfant dit ne remonte pas mécaniquement aux parents, mais ce cadre n’existe cliniquement que s’il a été posé avec les deux parties et écrit. Notez ce qui a été convenu avec l’enfant, ce qui a été convenu avec les parents, et la date. Un cadre posé à la première séance et jamais retracé se reconstitue de mémoire au moment précis où l’on aurait besoin qu’il soit écrit.

7. Éléments de sécurité et de danger

Trois colonnes mentales : ce qui a été constaté, ce qui a été dit et par qui, ce qui a été fait. Ce qui a été fait inclut l’exploration menée, les personnes informées, les démarches engagées et l’avis sollicité. Deux interdits de rédaction : jamais d’affirmation d’absence de danger, qui n’est ni vérifiable ni défendable, et jamais de conclusion sur un tiers que la séance ne soutient pas. Le psychologue reste tenu par ses obligations en matière de protection de l’enfance et par son cadre déontologique ; la note en est la trace, elle ne remplace ni la supervision ni un avis compétent sur une situation donnée.

8. Suite envisagée

Ce qui est prévu : prochaine séance et son objet, entretien parental, orientation, coordination avec le médecin ou l’établissement scolaire. En pédiatrie, l’entretien parental mérite d’être planifié dans la note plutôt que décidé au fil de l’eau, parce qu’il touche directement au cadre de confidentialité convenu à la rubrique 6.

Note de séance du psychologue et note de consultation en pédopsychiatrie

Les deux documents parlent du même enfant et ne servent pas à la même chose. Confondre leurs registres est l’erreur la plus fréquente, dans un sens comme dans l’autre.

Qui l’écrit

La note de séance est écrite par le psychologue, qui n’est pas médecin. La note de consultation en pédopsychiatrie est écrite par un médecin, prescripteur, dont l’acte engage un diagnostic et un traitement. Le titre du rédacteur détermine le registre de ce qui peut être écrit, pas l’inverse.

Ce qu’elle peut contenir

La note du psychologue consigne des observations, des hypothèses cliniques signalées comme telles, des supports de travail et un cadre. Elle ne pose pas de diagnostic médical et ne mentionne pas de traitement autrement qu’en discours rapporté. La note du pédopsychiatre y ajoute l’évaluation diagnostique, la conduite thérapeutique et les prescriptions, avec la traçabilité que cela impose. Les pédopsychiatres trouveront leur trame sur la page dédiée.

À qui elle sert

La note de séance sert d’abord au psychologue lui-même, pour tenir le fil d’un suivi long, et secondairement de trace si le cadre est interrogé. La note médicale s’inscrit dans un dossier de soins destiné à circuler entre professionnels et à documenter des décisions médicales. Cette différence de destinataire explique la différence de style : la note du psychologue est plus descriptive, la note médicale plus conclusive.

Pour la trame générale hors pédiatrie, voir le modèle de note de séance pour psychologue.

Exemple rempli (cas fictif)

Situation entièrement inventée pour cette page. Aucune donnée réelle n’y figure, et l’enfant décrit n’existe pas. L’exemple montre surtout l’écart entre la rubrique 2 et la rubrique 3, qui est le cœur de ce modèle.

NOTE DE SÉANCE — ENFANT / ADOLESCENT Cadre : enfant fictif, initiales L. M., 11 ans. 20 août 2026, 14h00. Durée 45 min. Cabinet. Séance n° 3. Reçu seul les 30 premières minutes, puis 15 min avec la mère. Le père n’était pas présent. Orientation : demande des parents après un signalement de difficultés en classe par l’enseignante. Demande de l’enfant : dit venir "parce que mes parents ont dit qu’il fallait". Interrogé sur ce qui le gênerait, lui, répond "je voudrais qu’on arrête de me demander tout le temps si ça va". Formule en fin de séance vouloir "que ce soit moins tendu le soir à la maison". Pas de demande liée à la scolarité de son côté. Demande et observations des parents : la mère demande "un bilan pour savoir s’il a un problème d’attention". Décrit un enfant "dans la lune" pour les devoirs, des soirées conflictuelles autour du travail scolaire, et un endormissement tardif depuis la rentrée. Rapporte que le père trouve la situation "moins inquiétante". Retentissement rapporté : scolarité, baisse des résultats signalée par l’enseignante et confirmée par la mère, non commentée par l’enfant. Sommeil, endormissement tardif rapporté par la mère. Relations aux pairs, l’enfant décrit deux amis proches et "rien de spécial" à l’école. Quotidien, conflits du soir rapportés par la mère. Déroulé : support dessin proposé en début de séance ("ta maison, un soir de semaine"). Dessine la table de la cuisine avec lui-même de dos. Commente spontanément "là je fais semblant de travailler". Parle plus librement du dessin que des questions directes. Évite les questions portant sur les notes, change de sujet à deux reprises. Contact bon, humeur sans particularité observée en séance. Cadre de confidentialité : convenu avec l’enfant que ce qu’il dit en séance individuelle n’est pas rapporté tel quel à ses parents, et que ce qui les concerne directement sera dit en sa présence. Convenu avec la mère, en présence de l’enfant, que le contenu des séances individuelles n’est pas restitué, et qu’un point de suivi parental est prévu. Cadre posé le 20 août 2026, reprise du cadre initial du 9 juillet 2026. Sécurité : aucun élément de danger constaté en séance. Question du climat familial abordée, l’enfant décrit des disputes verbales autour des devoirs et ne rapporte pas d’autre élément. Pas de propos évoquant une atteinte à son intégrité retrouvés à ce jour. Vigilance maintenue, point à reprendre lors de la prochaine séance. Suite envisagée : prochaine séance dans deux semaines, travail poursuivi par le dessin. Entretien parental à programmer avec les deux parents, sur le cadre du soir. Question du bilan attentionnel à reprendre avec les parents avant toute orientation.

Exemple fictif, à visée illustrative.

Cinq règles de rédaction propres à l’enfant et à l’adolescent

  • Attribuer chaque élément à celui qui le dit. L’enfant, un parent, l’enseignante, vous-même. Sans attribution, la note fabrique un consensus qui n’a jamais existé dans la pièce.
  • Ne jamais prêter à l’enfant la demande des parents. C’est l’erreur structurante de ce type de note, et elle se propage à toutes les séances suivantes.
  • Écrire le cadre de confidentialité, pas seulement le poser. Ce qui a été convenu avec l’enfant et avec les parents, avec sa date. Un cadre non écrit se rediscute de mémoire au pire moment.
  • Sur la sécurité, s’en tenir au constaté, au dit et au fait. Jamais d’affirmation d’absence de danger, jamais de conclusion sur un tiers que la séance ne soutient pas.
  • Rédiger comme si la note pouvait être lue. Les proches nommés en séance ne sont pas vos patients ; ce qui les concerne se limite à ce qui est cliniquement nécessaire au suivi de l’enfant.

Ces principes sont développés dans le guide de la prise de note du psychologue. Sur le versant réglementaire, le silo RGPD au cabinet traite conservation et droit d’accès, et la page secret professionnel le partage d’informations.

Pourquoi je publie ce modèle

J’ai conçu Pllume en observant le quotidien d’une professionnelle de la santé mentale très proche de moi. Sur les séances avec des enfants, une chose revenait : la note écrite le soir gardait toujours la version des parents. C’est la plus facile à retenir, parce qu’elle est formulée, argumentée, répétée. Ce que l’enfant avait dit de lui-même, souvent une phrase glissée au milieu d’un dessin, était la première chose à disparaître. Trois mois plus tard, le dossier racontait la préoccupation des parents et plus du tout la trajectoire de l’enfant.

Un modèle avec deux rubriques séparées force la question au moment de la rédaction. Pour l’autre moitié du problème, le temps, j’ai construit un scribe spécialisé en santé mentale : un modèle de génération de texte hébergé en France et conforme HDS produit une première version structurée dans le format choisi, et la validation revient toujours au praticien.

Questions fréquentes

Comment noter la demande de l’enfant quand ce sont les parents qui consultent ?+

En la distinguant explicitement, y compris lorsqu’elle est vide ou en décalage. La rubrique « Demande de l’enfant » consigne ce que l’enfant formule lui-même, dans ses mots, et rien d’autre ; si rien n’est formulé, la note écrit qu’aucune demande propre n’a été exprimée à ce stade. Ce que les parents attendent va dans leur propre rubrique. Fusionner les deux revient à attribuer à l’enfant une demande qui n’est pas la sienne, ce qui fausse toute la relecture du suivi.

Les parents ont-ils accès aux notes de séance de leur enfant ?+

La question ne se tranche pas d’une phrase. Les titulaires de l’autorité parentale disposent de prérogatives sur les données de leur enfant mineur, et le RGPD ouvre un droit d’accès aux données personnelles ; en regard, le code de déontologie des psychologues rappelle le respect de la personne, de son intimité et de la confidentialité, y compris mineure. En pratique, cela invite à trois précautions : convenir dès le premier entretien de ce qui sera transmis et de ce qui ne le sera pas, écrire ce cadre dans la note, et rédiger des notes factuelles et sobres, tenables si elles étaient lues. En cas de doute sur une demande précise, la CNCDP publie des avis de référence sur ces situations.

Que faire des observations des parents ?+

Elles se consignent, mais en discours rapporté et attribuées. « La mère décrit des réveils nocturnes depuis la rentrée » est une observation parentale ; « l’enfant présente une insomnie depuis la rentrée » est une conclusion que rien dans la séance ne soutient encore. L’attribution compte doublement en pédiatrie, où deux parents peuvent rapporter des faits différents. La note nomme qui rapporte quoi, et garde vos propres constats en séance dans la rubrique « Déroulé ».

Faut-il consigner ce que l’enfant dit en l’absence de ses parents ?+

Oui, la note clinique est votre outil de travail et elle documente la séance telle qu’elle a eu lieu. Consigner n’est pas transmettre : ce qui est écrit dans votre dossier ne remonte pas mécaniquement aux parents, et c’est précisément le rôle de la rubrique « Cadre de confidentialité » que d’écrire ce qui a été convenu sur ce point. Rédigez en gardant à l’esprit qu’une note peut être lue, donc factuelle, sobre, sans jugement sur les proches.

Comment écrire la rubrique sécurité sans se tromper ?+

En s’en tenant à trois choses : ce qui a été constaté, ce qui a été dit, ce qui a été fait. On n’écrit jamais une affirmation d’absence de danger, qui n’est ni vérifiable ni défendable ; on écrit ce qui a été exploré et ce qui n’a pas été retrouvé à ce moment de la séance. Le psychologue reste tenu par ses obligations en matière de protection de l’enfance et par son cadre déontologique : la note trace les éléments et les démarches, elle ne se substitue ni à la supervision ni à l’avis d’un juriste sur une situation donnée.

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Sources et références

Aucune autorité française n’impose un format de note de séance en exercice libéral. Les références ci-dessous encadrent la déontologie, la tenue du dossier et la protection des données. Cette page ne décrit délibérément aucune procédure administrative de protection de l’enfance : ce terrain relève d’un avis compétent sur la situation concrète, pas d’un modèle de note.

  • Code de déontologie des psychologues, version actualisée en 2021. codededeontologiedespsychologues.fr
  • Commission nationale consultative de déontologie des psychologues (CNCDP), texte du code et avis publiés. cncdp.fr
  • Haute Autorité de Santé, recommandations de bonne pratique et travaux sur la tenue du dossier du patient. has-sante.fr
  • CNIL, données de santé, droits des personnes et obligations des professionnels. cnil.fr
  • Organisation mondiale de la santé, Classification internationale des maladies, onzième révision (CIM-11). icd.who.int

Cette page est informative. Elle ne remplace ni une formation accréditée, ni la supervision, ni un avis juridique, ni le jugement clinique du professionnel, qui reste seul responsable du contenu de ses notes et des suites qu’il donne à une situation.

Cette note, rédigée pendant la séance

Pllume produit la note dans le format que vous choisissez, à partir de la consultation et avec le consentement recueilli. Vous relisez et vous validez. Prise en main gratuite, démonstration personnalisée possible sur demande.

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