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Pratique clinique

Anamnèse en psychologie : trame et cadre légal

Conduire et consigner un premier entretien : une trame par domaines, ce que le code de déontologie dit vraiment, et les règles qui exposent en libéral.

Mounir Fassouane22 juillet 2026Mis à jour le 9 août 202617 min de lecture
Trame d'anamnèse et notes de première consultation sur un bureau

L'anamnèse est le recueil organisé de l'histoire d'une personne : son parcours, ses antécédents, son contexte de vie et ce qui l'amène à consulter. Aucun texte français ne l'impose au psychologue libéral, et le code de déontologie qui la cadre n'est pas opposable faute d'ordre professionnel. Les règles réellement assorties d'une sanction sont le secret professionnel de l'article 226-13 du code pénal et le RGPD.

En bref

  • Le code de déontologie des psychologues, dans sa version consolidée du 9 septembre 2021, structure la conduite de l'anamnèse mais ne s'accompagne d'aucune sanction disciplinaire, faute d'ordre professionnel.
  • Ce qui expose réellement le psychologue libéral relève du code pénal : la révélation d'une information à caractère secret est punie d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende (article 226-13).
  • Le code de déontologie renvoie lui-même à cet article : son article 7 fonde le secret professionnel sur les articles 226-13 et 226-14 du code pénal.
  • Le secret couvre ce que le psychologue « voit, entend ou comprend », pas seulement ce qui lui est confié : vos observations et vos hypothèses sont couvertes au même titre que les propos de la personne.
  • Une trame par domaines vaut mieux qu'un questionnaire fermé : elle fixe les territoires à couvrir, pas l'ordre des questions.

Je ne suis ni psychologue ni juriste. Ce texte est une synthèse informative des textes publics et des usages professionnels : il ne remplace ni une formation accréditée, ni un avis clinique, ni un avis juridique. Les citations du code de déontologie renvoient à sa version consolidée du 9 septembre 2021, que vous pouvez vérifier.

L'anamnèse est déjà du travail clinique, pas un formulaire préalable

Le mot vient du grec anamnesis, la remémoration. La chose se construit le plus souvent sur les premières séances, parfois sur plusieurs rencontres.

Définition. L'anamnèse est le recueil organisé de l'histoire d'une personne, de ses antécédents, de son contexte de vie et de son motif de consultation, constitué au fil des premiers entretiens et complété ensuite.

Il est utile de dire ce qu'elle n'est pas. Ce n'est pas un interrogatoire administratif à expédier avant que le travail commence : la manière dont une personne raconte son histoire, ce qu'elle place en avant, ce qu'elle évite, ses silences et ses hésitations sont des données au même titre que les faits rapportés. Le code de déontologie le formule directement dans son article 21 : « Un des outils principaux de la·du psychologue est l'entretien ».

Ce n'est pas non plus un diagnostic. L'anamnèse rassemble, elle ne conclut pas. Le code invite explicitement à la prudence : le psychologue « est averti·e du caractère relatif de ses évaluations et interprétations » et « émet des conclusions contextualisées et non réductrices » (article 22).

Ce qui vous expose réellement vient du code pénal et du RGPD

C'est le point le plus mal compris du sujet, et celui qui change la façon de tenir ses écrits.

Le code de déontologie des psychologues n'a pas de valeur réglementaire : il n'existe pas d'ordre professionnel des psychologues en France, donc pas d'instance disciplinaire pour le faire appliquer. La Commission nationale consultative de déontologie des psychologues rend des avis, dont la valeur est consultative. Cela n'est pas un détail de procédure, cela signifie qu'invoquer le code ne vous protège pas et que le méconnaître ne vous sanctionne pas.

La contrainte est ailleurs, et elle est réelle. L'article 226-13 du code pénal punit d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende « la révélation d'une information à caractère secret par une personne qui en est dépositaire soit par état ou par profession, soit en raison d'une fonction ou d'une mission temporaire ». Le code de déontologie ne l'ignore pas : son article 7 fonde le secret professionnel du psychologue sur les articles 226-13 et 226-14 du code pénal, et précise que le secret couvre ce qui lui est confié comme ce qu'il « voit, entend ou comprend ». Vos observations et vos hypothèses sont donc couvertes au même titre que les propos rapportés.

S'y ajoute le RGPD, qui s'applique pleinement à un cabinet libéral : base légale, information des personnes, sécurité des traitements, et droit d'accès de la personne à ses données au titre de l'article 15. Le contrôle et la sanction relèvent de la CNIL.

Répartition des règles applicables à l'anamnèse d'un psychologue libéral entre celles qui sont opposables et assorties d'une sanction et celles qui ne le sont pas

Version texte de l'infographie ci-dessus.

RèglePortéeSanction prévue
Secret professionnel, article 226-13 du code pénalTout ce qui est confié, vu, entendu ou comprisUn an d'emprisonnement et 15 000 euros d'amende
RGPD, base légale et information des personnesTout traitement de données du cabinetContrôle et sanction de la CNIL
RGPD, droit d'accès, article 15Copie des données de la personne concernéeContrôle et sanction de la CNIL
Code de déontologie des psychologues, version du 9 septembre 2021Conduite professionnelle, dont l'entretien et l'archivageAucune, faute d'ordre professionnel
Avis de la CNCDPÉclairage sur une situation donnéeAucune, valeur consultative
Trames et modèles d'anamnèseUsages professionnelsAucune, valeur non normative

Analyse Pllume, août 2026, à partir des textes cités dans le bloc Sources.

Cinq exigences du code sont régulièrement comprises de travers

Le code n'est pas opposable, ce qui ne le rend pas inutile : il reste la formulation collective des attentes de la profession, et cinq de ses points sont mal lus.

Un numéro d'article ne suffit pas à identifier une règle. L'actualisation de 2021 a renuméroté une partie du code, de façon irrégulière : certains numéros n'ont pas bougé, d'autres ont reculé de deux ou trois rangs, et les conditions matérielles d'exercice sont passées de l'article 21 à l'article 6, soit quinze rangs vers l'avant. Des centaines de sites republient encore les versions 1996 ou 2012 sans les dater. Conséquence pratique : citez toujours la version avec le numéro, sans quoi vous risquez d'attribuer à un article un contenu qui n'est plus le sien.

Le consentement porte aussi sur le coût. L'article 9 pose que le psychologue recherche systématiquement le consentement libre et éclairé des personnes qui le consultent, et l'information due couvre les objectifs, les modalités et le coût éventuel de l'intervention. Annoncer ses honoraires relève du consentement éclairé, ce n'est pas un sujet séparé.

Avec un mineur, le consentement est double. L'article 11 demande de s'assurer autant que possible du consentement du mineur, et de rechercher l'autorisation des représentants légaux dans le respect des règles de l'autorité parentale. Les deux, pas l'un ou l'autre.

L'archivage est une question déontologique, pas seulement matérielle. L'article 23 demande que les notes personnelles et les données liées à l'activité soient recueillies, traitées, classées et archivées « de manière à préserver la vie privée des personnes en garantissant le respect du secret professionnel ». La façon dont vous stockez vos anamnèses fait partie du sujet.

La protection des données couvre explicitement le support, quel qu'il soit. C'est l'article le plus utile du code pour un exercice équipé d'outils numériques, et le plus souvent ignoré parce qu'il a changé de numéro en 2021. L'article 6 demande de protéger « contre toute indiscrétion l'ensemble des données concernant ses interventions, quels qu'en soient le contenu et le support ». La formulation vise le papier comme le fichier, le carnet comme l'application.

Transmettre une anamnèse à un tiers a ses propres règles. L'article 15 encadre la transmission des conclusions : elles ne comportent les éléments d'ordre psychologique qui les fondent que si cela est nécessaire, et la transmission suppose l'assentiment de la personne ou son information préalable. Une anamnèse recopiée telle quelle dans un courrier au confrère sort du cadre : ce qui se transmet, ce sont des conclusions, pas le matériau brut.

La trame par domaines est le compromis entre le questionnaire figé et l'entretien libre

Le questionnaire fermé a de vraies qualités : il garantit qu'aucun domaine n'est oublié, il rassure quand on débute, et il rend les dossiers comparables. Son défaut est structurel, il transforme l'entretien en formulaire. On coche, on avance, et on cesse d'écouter comment la personne raconte pour n'entendre que ce qu'elle répond.

L'entretien entièrement libre a le défaut inverse. Il respecte le rythme de la personne, mais après trois premières consultations vous n'avez pas trois anamnèses comparables, vous avez trois textes hétérogènes dont l'un a oublié les antécédents familiaux.

La trame par domaines résout les deux. Vous ne fixez pas des questions, vous fixez une liste de territoires à avoir couverts à la fin. L'ordre appartient à la personne, la complétude vous appartient.

Une trame ne sert pas à conduire l'entretien, elle sert à savoir, en le relisant, ce qui manque encore.

Dix domaines à avoir couverts, dans l'ordre que la personne choisit

Voici une trame générique, à adapter à votre orientation théorique et à votre public. Elle n'a pas vocation à être suivie dans l'ordre.

1. Le motif de consultation. Ce qui amène, dans les mots de la personne. Deux questions font ici tout le travail : pourquoi maintenant, et qu'est-ce qui a changé récemment.

2. La demande. À distinguer du motif. Le motif est ce qui ne va pas, la demande est ce que la personne attend de vous. L'écart entre les deux est en soi une information clinique. Notez aussi qui est à l'origine de la démarche : la personne, un proche, un médecin, une institution.

3. L'histoire du trouble. Depuis quand, comment cela a évolué, ce qui aggrave et ce qui soulage, le retentissement sur le quotidien.

4. Le parcours de soin. Suivis antérieurs, leur nature, leur durée, la façon dont ils se sont terminés. Traitements en cours et prescripteur. Vous n'êtes pas prescripteur, vous devez savoir. Notez également les autres professionnels impliqués, et n'échangez avec eux qu'après avoir informé la personne et sur les seuls éléments nécessaires.

5. L'histoire personnelle. Développement, scolarité, événements marquants, ruptures. C'est le domaine le plus vaste et celui qui se construit le plus progressivement.

6. La situation actuelle. Travail, logement, ressources, rythme de vie, sommeil, consommations.

7. L'entourage. Composition familiale, relations significatives, soutiens disponibles, isolement éventuel.

8. Les antécédents familiaux. Sur le plan psychique et somatique, dans la mesure où la personne les connaît.

9. Les ressources. Le domaine le plus souvent oublié et l'un des plus utiles. Ce qui va bien, ce qui tient, ce sur quoi la personne s'appuie déjà. Une anamnèse qui ne recense que les difficultés donne une image fausse et prépare mal la suite du travail.

10. Le risque, s'il se pose. Si la question d'un danger a été abordée, la note garde trace de ce qui a été évalué et de la conduite décidée. La recommandation de bonne pratique de la Haute Autorité de santé sur les idées et conduites suicidaires chez l'enfant et l'adolescent, publiée en 2021, en décrit les composantes attendues : niveau de souffrance psychique, caractérisation des idées suicidaires, recherche d'un scénario, estimation de l'intentionnalité, identification des facteurs de dissuasion.

Une version prête à adapter est disponible dans notre modèle d'anamnèse de première consultation.

Noter pendant l'entretien suppose de le dire, d'en noter peu, et de rédiger tant que c'est frais

La difficulté est connue : écrire coupe le contact, ne pas écrire fait perdre la matière. Trois repères tiennent la plupart des situations.

Dites que vous notez, et pourquoi. Une phrase suffit. Elle s'inscrit dans l'information due au titre de l'article 9 et lève une gêne qui, sinon, reste dans la pièce toute la séance.

Notez peu et notez juste. Les dates, les chiffres, les enchaînements, et surtout les formulations propres à la personne. Une expression exacte entre guillemets vaut trois lignes de paraphrase, et c'est précisément ce qui se perd le plus vite après la séance.

Rédigez tant que c'est frais. Une anamnèse mise au propre le lendemain a déjà perdu ses nuances. C'est aussi ce qui fonde la solidité d'un dossier, développé dans notre article sur ce qu'une note doit contenir pour tenir en cas de litige.

Un mot sur l'enregistrement audio, de plus en plus fréquent. Il ne crée aucune exception : le consentement reste requis, et la protection due aux données de l'intervention ne dépend pas du support. Nous détaillons le cadre dans enregistrer une séance, est-ce légal.

La règle des vingt ans ne concerne pas le psychologue libéral

C'est le point sur lequel circulent le plus d'informations approximatives.

Le délai de vingt ans très souvent cité vient de l'article R. 1112-7 du code de la santé publique. Il vise les établissements de santé et court à compter du dernier séjour ou de la dernière consultation externe. Un psychologue exerçant en libéral n'entre pas dans ce cadre.

La référence la plus proche est un référentiel de la CNIL consacré aux traitements dans le domaine de la santé hors recherches, qui retient pour la gestion des cabinets médicaux et paramédicaux 5 ans de conservation en base active à compter de la dernière intervention sur le dossier, puis 15 ans en archivage intermédiaire sur un support distinct. Point important : la CNIL présente ces durées comme recommandées, à la différence du délai des établissements de santé.

Votre obligation propre est ailleurs, et l'article 23 du code de déontologie la formule mieux qu'une durée : classer et archiver de manière à préserver la vie privée des personnes. Un dossier conservé dix ans dans un fichier synchronisé sur un service grand public pose un problème que le respect d'une durée ne règle pas. Le reste de vos obligations est détaillé dans les cinq obligations RGPD du cabinet.

Quatre erreurs rendent une anamnèse inutilisable six mois plus tard

Confondre exhaustivité et qualité. Une anamnèse de huit pages n'est pas meilleure qu'une anamnèse de deux pages, elle est plus difficile à relire quand vous en aurez besoin.

Écrire des conclusions dans un document de recueil. L'anamnèse rassemble. Les hypothèses se signalent comme telles, avec les marqueurs de prudence du métier, conformément à l'esprit de l'article 22.

Rédiger sans distinguer les sources. Ce que la personne rapporte, ce qu'un proche a dit, ce que vous observez : trois statuts différents, qui doivent rester distincts dans le texte.

Considérer l'anamnèse comme close. Elle se complète. Une information majeure arrive parfois à la dixième séance. Elle s'ajoute alors de façon datée, sans réécrire ce qui précède.

Ce qu'une trame ne donne pas

Trois limites méritent d'être posées, parce qu'une trame bien remplie donne un sentiment de maîtrise qui n'est pas toujours mérité.

Elle ne remplace pas l'alliance. Vouloir couvrir dix domaines en une séance se paie souvent par une relation fragilisée, chez une personne pour qui parler est déjà difficile. La complétude est un objectif de fin de processus, pas de fin de première séance.

Elle ne valide rien. À ma connaissance, il n'existe pas de trame d'anamnèse validée par une instance française pour la psychologie libérale, et la trame proposée ici ne l'est pas davantage : c'est une organisation de bon sens, pas un instrument psychométrique. Les outils qui exigent une validation scientifique, au sens de l'article 21 du code, sont les tests, pas les grilles d'entretien.

Elle ne tranche pas la question du droit d'accès. La distinction entre les données du dossier et les notes personnelles du psychologue reste discutée en l'absence de texte propre à la profession. Sur une demande formelle, l'assurance en responsabilité civile professionnelle et les commissions de déontologie sont les bons interlocuteurs.

Ce que j'ai constaté en construisant cet outil

J'ai conçu Pllume en observant le travail d'une professionnelle de la santé mentale, et la première consultation est le moment où j'ai vu le coût documentaire le plus net.

Une première séance produit une quantité de matière hors de proportion avec une séance de suivi, et elle arrive presque toujours dans une journée déjà pleine. La conséquence n'est pas que les praticiens écrivent mal, c'est qu'ils écrivent tard, et que les formulations exactes de la personne, celles qui valent trois lignes de paraphrase, ont disparu entre-temps.

C'est ce que l'outil cherche à déplacer : rendre disponible une première version structurée pendant que la matière est encore fraîche, pour que l'effort porte sur le jugement clinique. Ce que cela ne règle pas doit être dit. Un premier jet reste un brouillon à valider, aucune trame ne remplace la conduite d'entretien, et la responsabilité du dossier engage celui qui le signe. Les limites propres à ce type d'outil sont détaillées dans notre article sur les risques de l'IA en psychologie clinique.

Questions fréquentes

L'anamnèse est-elle obligatoire pour un psychologue ?

Aucun texte français ne l'impose sous ce nom, et le code de déontologie qui l'encadre n'est pas opposable faute d'ordre professionnel. En revanche, l'article 22 exige des conclusions contextualisées et non réductrices : sans recueil organisé de l'histoire, cette exigence est difficile à tenir.

Comment faire une anamnèse en psychologie ?

En fixant des domaines à couvrir plutôt qu'une liste de questions. Vous laissez la personne raconter dans son ordre, puis vous vérifiez en fin de séance quels territoires restent vides : motif, demande, histoire du trouble, parcours de soin, histoire personnelle, situation actuelle, entourage, antécédents, ressources, risque.

En combien de séances la réaliser ?

Il n'existe pas de règle. Une à trois séances est fréquent, davantage lorsque la parole est difficile ou l'histoire complexe. Vouloir tout couvrir en une fois se paie souvent par une alliance thérapeutique fragile, ce qui coûte plus cher que l'information manquante.

Le patient peut-il demander à lire son anamnèse ?

Le droit d'accès de l'article 15 du RGPD s'applique aux données personnelles traitées. La distinction entre les données du dossier et les notes personnelles du psychologue reste discutée en l'absence de texte propre à la profession. Sur une demande formelle, prenez conseil auprès de votre assurance professionnelle.

Faut-il une trame différente en pédopsychiatrie ou en neuropsychologie ?

Les domaines changent de poids. Le développement, la scolarité et l'entourage deviennent centraux chez l'enfant ; en neuropsychologie, la plainte cognitive et les antécédents médicaux passent au premier plan. La logique de trame par domaines, elle, reste la même, et le double consentement de l'article 11 s'ajoute chez le mineur.

Une trame écrite rigidifie-t-elle l'entretien ?

Seulement si vous la suivez pendant l'entretien. Utilisée comme liste de vérification après coup, elle produit l'effet inverse : elle vous libère de la crainte d'oublier, donc de la tentation de dérouler des questions à la place de la personne.

Sources et références

Sources consultées le 8 août 2026. Pour toute question relative à vos données, notre contact RGPD est contact@pllume.com.

Si la mise au propre de vos premières consultations vous coûte vos soirées, vous pouvez demander un accès et juger sur une consultation réelle.

M

Mounir Fassouane

Fondateur de Pllume

Mounir a imaginé Pllume pour sa compagne, professionnelle de la santé mentale. Chaque soir, il la voyait reprendre ses notes après une journée déjà longue, le travail se prolongeant bien après la dernière consultation. Il a voulu lui rendre ces heures, alléger sa charge mentale et lui redonner du temps en famille. C'est de cette proximité quotidienne avec le métier qu'il écrit ici. La charge documentaire, l'isolement du libéral, les exigences de conformité : tout ce qui éloigne le praticien de l'essentiel, le soin.

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