Modèle de note de séance EMDR
Une note de séance EMDR consigne la phase atteinte dans le protocole standard, la cible travaillée avec ses deux cognitions, les scores SUD et VOC à l’ouverture et à la clôture, le scan corporel et la clôture. Cette page en donne le modèle vierge à copier, chaque rubrique expliquée, et un exemple fictif entièrement rempli.
Mis à jour le 7 août 2026 · Lecture 9 min
En bref
- La note EMDR se lit d’une séance à l’autre : elle situe la séance dans les huit phases et dit où reprendre.
- La cible se documente par trois éléments : l’image, la cognition négative, la cognition positive visée.
- Les scores SUD et VOC se reportent à l’ouverture et à la clôture, car seule leur évolution s’interprète.
- Une cible incomplète se note comme telle, avec la stabilisation faite et les consignes d’intersession.
- Le modèle documente une séance, il n’enseigne pas le protocole, qui suppose une formation accréditée.
Ce que chaque phase dépose dans la note
Le protocole standard comporte huit phases. Une séance n’en couvre presque jamais huit : elle se situe dans la séquence, et c’est cette position que la note doit rendre évidente à la lecture suivante.
1. Histoire du patient et plan de ciblage
La note conserve le plan de ciblage : les souvenirs sources retenus, les déclencheurs actuels et les projections futures, ordonnés. C’est la carte à laquelle chaque séance ultérieure se rapporte, ce qui évite de rouvrir une cible au hasard.
2. Préparation et stabilisation
On trace les ressources installées et vérifiées (lieu sûr, ancrages, techniques de régulation), l’explication donnée du procédé et l’accord du patient. Une note qui ne dit pas si la stabilisation tient ne permet pas de décider s’il est prudent de retraiter.
3. Évaluation de la cible
C’est la phase la plus documentée : image représentant le pire du souvenir, cognition négative formulée par le patient, cognition positive visée, émotion, sensation corporelle et sa localisation, puis les deux scores de référence recueillis avant retraitement.
4. Désensibilisation
On note les canaux associatifs notables qui émergent au fil des séries de stimulation bilatérale, sans les interpréter, et l’évolution du niveau de perturbation. Le verbatim exhaustif n’a pas sa place ici : ce qui compte est la direction que prend le retraitement.
5. Installation
La cognition positive est associée à la cible et renforcée. La note consigne la cognition positive effectivement retenue, qui peut différer de celle visée en phase 3, et le score de validité atteint en fin de phase.
6. Scan corporel
On indique si le balayage corporel est négatif, ou la tension résiduelle constatée avec sa localisation. Un scan non réalisé faute de temps se note comme tel : c’est une information pour la séance suivante, pas un oubli.
7. Clôture
État de sortie du patient, technique de retour au calme utilisée, cible close ou incomplète, consignes d’intersession et journal remis. C’est la rubrique qui protège le patient entre deux séances et le praticien sur le plan de la traçabilité.
8. Réévaluation
À la séance suivante, on reprend la cible travaillée, on note ce qui s’est passé depuis, et on décide de poursuivre ou de passer à la cible suivante. Cette phase relie deux notes entre elles : sans elle, la précédente devient illisible.
À retenir : la note ne raconte pas la séance, elle en conserve les points de reprise. Phase atteinte, cible, cognitions, scores, état de sortie. Le reste est du confort de lecture.
Le modèle complet, vierge, à copier
Ce modèle se copie tel quel dans un dossier patient. Les rubriques non pertinentes pour la séance du jour se laissent vides plutôt que d’être supprimées : leur vide est lui-même une information.
Les rubriques, expliquées
Le retour sur la séance précédente
La réévaluation ouvre la séance et referme la note d’avant. On y consigne ce qui s’est passé dans l’intervalle : symptômes, sommeil, cauchemars, évitements levés ou maintenus, contenu du journal du patient. C’est cette rubrique qui autorise à écrire qu’une cible est close, ce qu’aucune fin de séance ne permet d’affirmer à elle seule.
La cible et ses deux cognitions
Une cible se documente par quatre éléments distincts : le souvenir ou le déclencheur, l’image qui en représente le pire moment, la cognition négative que le patient formule au présent sur lui-même, et la cognition positive visée. Les cognitions se notent avec les mots du patient, entre guillemets. Les reformuler dans le vocabulaire du praticien fait perdre l’élément qui sera repris tel quel à la séance suivante.
L’émotion et la sensation corporelle
L’évaluation de la cible associe à l’image et aux cognitions une émotion nommée et une sensation corporelle localisée. Ces deux éléments servent d’ancrage au retraitement, et la sensation corporelle sera reprise au scan corporel. Une note qui les omet rend la phase 6 ininterprétable.
Les deux mesures, et pourquoi seule leur évolution compte
Le SUD estime le niveau de perturbation associé à la cible, de 0 à 10 ; le VOC le degré auquel la cognition positive paraît vraie au patient, de 1 à 7. Ce sont des auto-évaluations subjectives, non comparables d’un patient à l’autre et sans valeur diagnostique. Leur intérêt est strictement longitudinal : l’écart entre l’ouverture et la clôture d’une séance, puis la courbe d’une séance à l’autre sur la même cible. C’est pour cela que les deux moments de recueil figurent dans le modèle, et que reporter un seul score ne sert à rien.
Le retraitement : ce qu’on note et ce qu’on ne note pas
On note la direction du retraitement : les canaux associatifs notables, l’apparition d’un souvenir plus ancien, une abréaction, un blocage et la cognition bloquante identifiée, le recours à un tissage cognitif. On ne note pas le verbatim des séries, ni une interprétation du matériel associatif, ni les éléments concernant des tiers qui ne sont pas nécessaires au suivi. Une note de retraitement tient en quelques lignes denses, pas en deux pages.
Le scan corporel
Le balayage corporel se conduit une fois la cognition positive installée et associée à la cible. La note dit s’il est négatif, ou décrit la tension résiduelle et sa localisation, qui devient un point de reprise. S’il n’a pas été réalisé, l’écrire vaut mieux que de laisser la rubrique vide : la séance suivante saura que la cible n’a pas été menée à son terme.
La clôture et la stabilisation
Toute séance se referme, qu’elle ait abouti ou non. La note consigne si la cible est close ou incomplète, la technique de retour au calme employée, l’état de sortie du patient, les consignes d’intersession et la remise du journal. Sur une cible incomplète, cette rubrique devient la plus importante de la note, cliniquement comme sur le plan de la traçabilité.
Exemple de note EMDR remplie (cas fictif)
Patiente fictive, créée pour cette page. Aucune donnée réelle n’y figure et la situation ne correspond à aucun suivi existant.
Exemple fictif, à visée illustrative. Il n’a pas valeur de recommandation clinique et ne décrit pas une conduite à tenir.
Cinq erreurs qui rendent une note EMDR inutilisable
- Ne reporter qu’un seul score. Un niveau de perturbation relevé à la clôture, sans celui de l’ouverture, ne documente rien. Ce sont deux mesures ou aucune.
- Reformuler les cognitions. Une cognition négative traduite dans le vocabulaire du praticien ne pourra pas être reprise telle quelle à la séance suivante, et la comparaison des scores perd son objet.
- Transcrire le retraitement mot à mot. Le détail des associations alourdit le dossier, expose des tiers et noie les deux ou trois éléments qui serviront réellement.
- Ne pas dire qu’une cible est incomplète. C’est l’information la plus utile de la note, et la plus souvent omise quand la séance a débordé.
- Reproduire une grille d’auto-questionnaire dans le dossier. On nomme l’outil et on reporte le score. Recopier ses items pose une question de licence sans rien apporter au suivi.
Pour l’organisation générale du suivi et le rôle du scribe dans ce cadre, voir le guide de la prise de note en thérapie EMDR. Quand le suivi n’est pas protocolaire, le modèle de note de séance de psychothérapie est plus adapté. Le cadre de l’enregistrement de la séance est traité côté conformité.
Ce que j’ai observé sur les notes EMDR
J’ai conçu Pllume en observant le quotidien d’une professionnelle de la santé mentale très proche de moi, puis en travaillant avec des praticiens qui utilisent le produit. Sur l’EMDR, une chose revient systématiquement : la note se rédige après une séance émotionnellement dense, et ce qui saute en premier n’est ni la cible ni les scores, c’est la clôture. Or c’est la rubrique qui compte le plus quand une cible reste ouverte.
La deuxième constante est la perte de la formulation exacte des cognitions, reformulées de mémoire deux heures plus tard. C’est ce constat qui m’a convaincu de spécialiser le produit sur la santé mentale plutôt que d’adapter un outil médical généraliste, et de le concevoir avec les psychothérapeutes, avec leurs protocoles. La validation revient toujours au praticien.
Questions fréquentes
Que note-on dans une séance EMDR ?+
On consigne la phase atteinte dans le protocole standard, la cible travaillée (souvenir ou déclencheur, image, cognition négative et cognition positive visée), les scores SUD et VOC relevés à l’ouverture et à la clôture, les associations notables apparues pendant le retraitement, le résultat du scan corporel, la clôture et les consignes d’intersession.
Que signifient SUD et VOC en EMDR ?+
Le SUD (Subjective Units of Disturbance) désigne le niveau de perturbation associé à la cible tel que le patient l’estime, de 0 à 10. Le VOC (Validity of Cognition) désigne le degré auquel la cognition positive lui paraît vraie, de 1 à 7. Ce sont deux auto-évaluations recueillies par le praticien pendant la séance et reportées telles quelles dans la note.
Faut-il noter le score SUD ou son évolution ?+
Les deux, mais seule l’évolution s’interprète. Un score isolé ne dit rien : c’est l’écart entre l’ouverture et la clôture, puis d’une séance à l’autre sur la même cible, qui documente le retraitement. Une note EMDR utile est donc une note comparable à la précédente.
Que note-t-on d’un retraitement resté incomplet ?+
On note que la cible est incomplète, la phase où la séance s’est arrêtée, le niveau de perturbation constaté à la clôture, la procédure de stabilisation utilisée et les consignes données. C’est précisément la situation où la note sert le plus, puisque la séance suivante reprend là où celle-ci s’est interrompue.
Que ne faut-il pas mettre dans une note de séance EMDR ?+
Le verbatim intégral des associations, les hypothèses non étayées sur des tiers, et les items ou grilles d’un questionnaire sous licence. On nomme l’outil utilisé et on reporte le score obtenu, sans reproduire son contenu. Le reste relève de la sobriété attendue de tout dossier.
Un modèle de note suffit-il pour pratiquer l’EMDR ?+
Non. La pratique de l’EMDR suppose une formation accréditée et une supervision. Ce modèle documente une séance conduite par un praticien formé, il n’enseigne pas le protocole et ne remplace ni la formation ni le jugement clinique.
Sources et références
Le protocole standard en huit phases et les deux mesures qui l’accompagnent sont issus des travaux fondateurs de Francine Shapiro. Les références ci-dessous portent sur la reconnaissance de la méthode et sur le cadre de la formation accréditée.
- Organisation mondiale de la santé, Guidelines for the management of conditions specifically related to stress (2013), qui recommande l’EMDR dans le trouble de stress post-traumatique. who.int
- Inserm, expertise collective Psychothérapie : trois approches évaluées (2004). ipubli.inserm.fr
- NICE, Post-traumatic stress disorder, guideline NG116. nice.org.uk
- Association EMDR France, pour le parcours de formation accréditée et l’annuaire des praticiens. emdr-france.org
- EMDR Europe Association, qui définit les standards européens de formation et d’accréditation. emdr-europe.org
- Organisation mondiale de la santé, Classification internationale des maladies, onzième révision (CIM-11), pour les catégories liées au stress et au traumatisme. icd.who.int
Cette page est informative. Elle documente la rédaction d’une note, elle n’enseigne pas le protocole : la pratique de l’EMDR suppose une formation accréditée et une supervision, et elle ne se substitue en aucun cas au jugement clinique du praticien, qui reste seul responsable de sa note et de la conduite de la séance. Pllume est un outil d’aide à la documentation, pas un dispositif médical. Pour toute question relative aux données personnelles : contact@pllume.com.
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