Modèle d’attestation de suivi psychologique
Une attestation de suivi psychologique comporte cinq rubriques : identification du praticien, objet de l’attestation, période et fréquence du suivi, éléments constatés en séance, mention de remise. Elle ne contient ni diagnostic, ni nom de trouble, ni traitement, et jamais rien sur une personne que le psychologue n’a pas reçue. La trame complète se copie ci-dessous.
Mis à jour le 24 août 2026 · Lecture 8 min

En bref
L’attestation de suivi est un écrit remis en main propre à la personne reçue, qui pourra le présenter à un tiers : bailleur, employeur, avocat, juge aux affaires familiales. Sa difficulté n’est pas de savoir quoi écrire, mais de savoir où s’arrêter. Le psychologue n’est pas médecin, il atteste et ne certifie pas ; il décrit ce qu’il a constaté et ne nomme pas de trouble ; il n’écrit rien sur une personne qu’il n’a pas reçue. Une attestation courte et tenable vaut mieux qu’une attestation généreuse qui se retourne contre la personne et contre son auteur.
Le modèle complet, à copier
Voici la trame vierge. Elle se copie telle quelle dans un traitement de texte, sur papier à en-tête du cabinet. Les crochets restent vides quand l’information n’a pas été recueillie : une ligne vide se défend, une valeur estimée ne se défend pas.
Chaque rubrique expliquée
1. Identification du praticien
Prénom, nom, titre de psychologue, numéro d’enregistrement et adresse professionnelle. Ces champs se remplissent depuis votre en-tête, jamais depuis ce qui a été dit en séance : c’est la seule rubrique du document dont la source est vous-même. Un champ vide vaut toujours mieux qu’un champ inventé, y compris pour un numéro d’enregistrement dont vous n’avez pas la valeur exacte sous les yeux.
2. Objet de l’attestation
Une phrase, une seule : « Je soussigné(e) [nom], psychologue, atteste recevoir [Madame / Monsieur X] dans le cadre d’un suivi psychologique. » Le verbe est « attester », pas « certifier ». Aucun motif n’y figure, aucun trouble, et surtout aucune finalité. Écrire « en vue d’une demande de logement » ou « pour faire valoir dans la procédure en cours » revient à qualifier l’usage du document, donc à prendre position dans une situation que vous ne connaissez que par un seul récit. La personne décide seule de l’usage qu’elle fait de son attestation.
3. Période et fréquence du suivi
Date de la première séance, période couverte, nombre de séances, rythme. C’est la rubrique la plus factuelle et la plus utile au tiers destinataire : elle établit la réalité et la continuité d’un suivi, ce qui est précisément ce qu’on vous demande. Aucune de ces valeurs ne s’estime. « Une quinzaine de séances » n’est pas un chiffre, c’est une approximation qui affaiblit tout le document ; si le décompte n’est pas certain, indiquez la période sans le nombre.
4. Éléments constatés en séance
La rubrique sensible, et la seule qui appelle un arbitrage. On y consigne uniquement ce que le psychologue a lui-même observé, en termes descriptifs et non diagnostiques : « anxiété exprimée », « troubles du sommeil rapportés », « repli relationnel décrit ». Deux registres cohabitent et doivent rester séparés à l’œil nu : ce qui a été observé en séance et ce qui a été rapporté par la personne. Un propos rapporté ne devient jamais un fait constaté par le seul effet de l’écriture. Ni nom de trouble, ni gravité chiffrée, ni pronostic : ces trois éléments transforment une attestation en expertise, ce qu’elle n’est pas.
5. Mention de remise
La phrase finale est fixe : « Attestation établie à la demande de l’intéressé(e) et remise en main propre, pour faire valoir ce que de droit. » Elle dit trois choses en une ligne : le document a été demandé par la personne, il lui a été remis à elle et non envoyé à un tiers, et son auteur ne préjuge pas de son usage. Puis le lieu, la date et la signature. C’est la rubrique la plus souvent oubliée, et celle qui protège le mieux.
Attestation, certificat, compte rendu : trois écrits différents
Une part importante des difficultés vient d’une confusion de genre : on demande à un psychologue un document qui n’existe pas dans sa profession. Trois écrits sont régulièrement mélangés. Ils n’ont ni le même auteur, ni le même destinataire, ni le même contenu possible.
Attestation de suivi — psychologue
Qui l’écrit. Un psychologue, pour une personne qu’il reçoit lui-même. À qui elle est remise. À la personne reçue, en main propre, à sa demande ; c’est elle qui la transmet ensuite si elle le souhaite. Ce qu’elle peut contenir. L’existence, la période et le rythme du suivi, et des éléments descriptifs constatés en séance. Pas de diagnostic, pas de nom de trouble, pas de traitement, pas de conclusion sur un tiers.
Certificat médical — médecin
Qui l’écrit. Un médecin, et lui seul : le certificat est un acte médical. Un psychologue ne peut pas en établir, quelle que soit la demande qui lui est faite. À qui il est remis. Au patient, selon les règles propres à l’exercice médical. Ce qu’il peut contenir. Des constatations médicales, et le cas échéant des éléments diagnostiques, dans les limites que fixe la déontologie médicale. C’est cette différence de nature qui explique qu’un psychologue « atteste » et ne « certifie » pas.
Compte rendu au médecin adresseur — entre professionnels
Qui l’écrit. Le psychologue qui reçoit la personne, à destination du professionnel de santé qui l’a adressée. À qui il est remis. Au professionnel destinataire nommément désigné, avec l’accord de la personne, et non à un tiers non soignant. Ce qu’il peut contenir. Des conclusions cliniques et des recommandations utiles à la prise en charge, mais pas le matériel de séance. Le code de déontologie des psychologues formule cette exigence à son article 12 : lorsque les conclusions sont présentées à des tiers, elles ne répondent qu’à la question posée et ne contiennent que les éléments psychologiques qui les fondent. La trame correspondante est détaillée dans le modèle de courrier au confrère.
La règle de tri est simple. Le destinataire est-il un professionnel de santé qui va soigner ? Alors c’est un compte rendu, et il part de vous vers lui. Le destinataire est-il un tiers non soignant — bailleur, employeur, avocat, juridiction ? Alors c’est une attestation, elle est remise à la personne, et son contenu se réduit d’autant.
Exemple rempli (cas fictif)
Personne fictive, créée pour cette page. Aucune donnée réelle n’y figure. L’attestation tient en une page, et c’est sa longueur normale.
Exemple fictif, à visée illustrative.
Les mêmes éléments, mal rédigés
Voici ce que devient la même attestation quand la demande de la personne prend le pas sur le cadre. Chaque ligne y est indéfendable, et chacune se rencontre en pratique.
Exemple fictif, à visée illustrative.
Ce qu’une attestation ne doit jamais contenir
- Le mot « certificat ». Le psychologue n’est pas médecin : il atteste, il ne certifie pas. Le titre du document dit déjà si son auteur est resté dans son champ, et la pratique professionnelle est constante sur ce point.
- Un diagnostic ou un nom de trouble. Ni intitulé de pathologie, ni code de classification, ni degré de gravité chiffré, ni pronostic. Une attestation décrit ce qui a été constaté ; elle ne conclut pas, et elle ne remplace pas une expertise ordonnée par un juge.
- Un traitement. Les médicaments, leurs posologies et leur suivi relèvent du prescripteur. Ils n’ont pas leur place dans un écrit de psychologue destiné à un tiers non soignant.
- Quoi que ce soit sur une personne non reçue. Ni le conjoint, ni le parent, ni l’employeur, ni l’enseignant. C’est la faute la plus lourde et la plus fréquemment évoquée dans les demandes d’avis adressées à la commission de déontologie, en particulier dans les contextes de séparation. Le psychologue n’a pas constaté ces personnes, il ne peut donc rien en dire.
- Un propos rapporté présenté comme un fait. « Madame indique que… » et « Madame subit… » ne disent pas la même chose et n’engagent pas la même responsabilité. Le discours rapporté n’est pas une précaution de style, c’est la nature exacte de ce que vous savez.
- Un lien de cause à effet. « Cet état est consécutif à… » établit une causalité qui, en santé mentale, ne s’observe pas en séance. On décrit un état et on décrit un contexte ; on ne relie pas les deux par une flèche.
- Une finalité d’usage. Pas de « en vue de », pas de « pour appuyer la demande de ». La formule « pour faire valoir ce que de droit » existe précisément pour laisser cette décision à la personne.
Ces bornes prolongent celles du secret professionnel, que le code de déontologie des psychologues rappelle à son article 7, et rejoignent la logique de son article 12 sur les conclusions présentées à des tiers. Sur le versant du dossier et de la conservation, le silo RGPD au cabinet détaille droit d’accès et durées ; la question du secret face aux outils numériques est traitée dans le dossier secret professionnel et IA. Le principe de séparation entre observé et rapporté, lui, est le même que celui de la note de séance.
Pourquoi je publie ce modèle
J’ai conçu Pllume en observant le quotidien d’une professionnelle de la santé mentale très proche de moi. L’attestation de suivi est le document qui la mettait le plus mal à l’aise, et pour une raison qui n’a rien de technique : la demande arrive en fin de séance, elle est faite par quelqu’un qui traverse une période difficile, et refuser d’écrire ce qui est demandé ressemble à un refus d’aider. C’est exactement le moment où l’on écrit une ligne de trop. Six mois plus tard, cette ligne est lue par un avocat.
Un modèle sert d’abord à cela : il déplace le refus de la personne vers le cadre. On n’écrit pas « je ne veux pas l’écrire », on montre les cinq rubriques et ce qu’elles admettent. Pour la rédaction elle-même, j’ai construit un scribe spécialisé en santé mentale, hébergé en France et conforme HDS, plutôt qu’un outil médical généraliste : il remplit le cadre factuel depuis la séance et le contexte renseigné, il laisse vide ce qui n’a pas été dit au lieu de l’estimer, et il ne propose jamais de nom de trouble. La signature, elle, reste celle du praticien.
Questions fréquentes
Un psychologue peut-il faire un certificat ?+
Non. Le certificat est un écrit médical, il relève du médecin. Le psychologue n’est pas médecin : il atteste, il ne certifie pas. Le mot « certificat » n’a donc pas sa place sous la signature d’un psychologue, et l’écrit s’intitule « attestation de suivi psychologique ». La différence n’est pas cosmétique : elle détermine ce que le document peut affirmer et la valeur qu’un tiers pourra lui prêter.
Que peut contenir une attestation de suivi ?+
Cinq éléments et rien d’autre : l’identification du praticien, l’objet de l’attestation en une phrase, la période et la fréquence du suivi, les éléments constatés en séance en termes descriptifs, et la mention de remise. Aucun diagnostic, aucun nom de trouble, aucun code de classification, aucun traitement, aucune finalité d’usage. Une valeur qui n’a pas été dite en séance ne s’estime pas : la ligne reste vide.
Puis-je écrire quelque chose sur le conjoint de ma patiente ?+
Non, en aucun cas. Un psychologue n’écrit jamais sur une personne qu’il n’a pas reçue : ni le conjoint, ni le parent, ni l’employeur, ni l’enseignant. Même rapportés en séance avec précision, les faits concernant un tiers n’ont pas été constatés par le praticien. Un écrit de ce type expose directement à une saisine de la commission de déontologie, en particulier dans les contextes de séparation. Si le propos doit apparaître, il apparaît au discours rapporté et attribué à la personne reçue : « Madame indique que… ».
À qui l’attestation est-elle remise, et pour quel usage ?+
Elle est remise en main propre à la personne reçue, à sa demande. Le psychologue ne l’adresse pas lui-même à un bailleur, un employeur, un avocat ou un juge, et il n’écrit pas dans quel but elle est établie. La personne décide seule de l’usage qu’elle en fait, ce que traduit la formule finale « pour faire valoir ce que de droit ». Écrire « en vue de… » reviendrait à prendre position dans une procédure dont le praticien n’a connaissance que par un seul récit.
Peut-on préparer une attestation de suivi automatiquement ?+
La trame et les données de cadre, oui : la période, le nombre de séances et le rythme se reprennent depuis la séance et le contexte renseigné par le praticien. Le contenu clinique, lui, reste sous le contrôle du praticien, qui relit chaque ligne et signe. Un outil correctement paramétré rend d’ailleurs un service précis : il laisse vide ce qui n’a pas été dit plutôt que de l’estimer, et il ne propose jamais de nom de trouble.
Sources et références
Aucune autorité française n’impose de format type pour une attestation de suivi rédigée par un psychologue en exercice libéral. Les références ci-dessous encadrent la déontologie, la présentation de conclusions à des tiers et la protection des données.
- Code de déontologie des psychologues, version de 2021, notamment l’article 7 sur le secret professionnel et l’article 12 sur les conclusions présentées à des tiers. Texte professionnel dépourvu de valeur réglementaire, publié par les organisations signataires. codededeontologiedespsychologues.fr
- Commission nationale consultative de déontologie des psychologues (CNCDP), qui publie le code de déontologie de 2021 et rend des avis sur son application. cncdp.fr
- CNIL, données de santé, obligations des professionnels, durées de conservation et droits des personnes. cnil.fr
- Haute Autorité de Santé, recommandations de bonne pratique et travaux sur la tenue du dossier du patient. has-sante.fr
- Fédération française des psychologues et de psychologie (FFPP), organisation professionnelle signataire du code de déontologie. ffpp.net
Cette page est informative et ne constitue pas un avis juridique. Elle ne remplace ni une formation accréditée, ni la supervision, ni le jugement clinique du professionnel, qui reste seul responsable du contenu et de la signature de ses écrits.
Pllume