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Modèle clinique

Exemple de compte rendu psychiatrique : l’examen de l’état mental

Dans un compte rendu psychiatrique, l’examen de l’état mental est la partie descriptive centrale : il consigne ce qui est constaté pendant l’entretien, en huit rubriques canoniques. Cette page en donne le modèle complet, le vocabulaire descriptif exact, et un exemple de compte rendu fictif entièrement rempli.

Mis à jour le 3 août 2026 · Lecture 9 min

En bref

L’examen de l’état mental est la description structurée de l’état clinique du patient au moment de l’entretien. Il couvre huit rubriques : présentation, comportement, discours, humeur et affect, pensée, perceptions, cognition, jugement et insight. Il décrit ce qui est observé, sans conclure sur le diagnostic.

Où se place l’examen de l’état mental dans le compte rendu

Un compte rendu psychiatrique suit une progression constante : on recueille l’histoire, on décrit l’état présent, puis on conclut. L’examen de l’état mental occupe la deuxième position, entre l’anamnèse et la conclusion diagnostique.

  1. Identification et contexte : date, cadre de la consultation, personne adressante, consultation libre ou sous contrainte.
  2. Motif de consultation, rapporté avec les mots du patient quand c’est possible.
  3. Histoire de la maladie actuelle : début, évolution, facteurs déclenchants, retentissement fonctionnel.
  4. Antécédents et traitements : psychiatriques, somatiques, addictologiques, familiaux, thérapeutiques en cours.
  5. Examen de l’état mental : les huit rubriques détaillées ci-dessous.
  6. Évaluation du risque : suicidaire, hétéro-agressif, de rupture de soins.
  7. Conclusion : synthèse, hypothèses diagnostiques référencées au DSM-5-TR ou à la CIM-11, diagnostic différentiel.
  8. Plan de soin : thérapeutique, examens complémentaires, orientation, délai de réévaluation.

Le recueil des points 1 à 4 fait l’objet d’une page dédiée : le modèle d’anamnèse de première consultation.

Le modèle complet, à copier

EXAMEN DE L'ÉTAT MENTAL Date et cadre de l'entretien : Durée : Entretien libre / sous contrainte : 1. Présentation et attitude Tenue, hygiène, âge apparent, contact visuel, coopération, attitude vis-à-vis de l'examinateur (adaptée, méfiante, familière, hostile, réticente). 2. Comportement et psychomotricité Activité motrice (normale, ralentie, agitée), mouvements anormaux, tremblements, akathisie, dyskinésies, catatonie, maniérisme, stéréotypies. 3. Discours Débit, volume, latence de réponse, spontanéité, prosodie, articulation, logorrhée, mutisme, pauvreté du discours. 4. Humeur et affect Humeur rapportée (avec les mots du patient) : Affect observé : nature, intensité, gamme, mobilité, congruence avec le discours. 5. Pensée Cours : rythme, continuité, associations, tangentialité, coq-à-l'âne, fuite des idées, barrages, persévération. Contenu : préoccupations, ruminations, obsessions, phobies, idées délirantes (thème, mécanisme, systématisation, adhésion), idéation suicidaire. 6. Perceptions Hallucinations (modalité sensorielle, contenu, retentissement), illusions, déréalisation, dépersonnalisation. 7. Fonctions cognitives Vigilance, orientation temporelle et spatiale, attention et concentration, mémoire immédiate, de travail et à long terme, langage, fonctions exécutives, calcul. Test bref utilisé et score, le cas échéant : 8. Jugement et insight Conscience du trouble, attribution des symptômes, capacité à anticiper les conséquences de ses décisions, aptitude au consentement aux soins. Rédacteur : Date de rédaction :

Les huit rubriques, expliquées

1. Présentation et attitude

La première rubrique est purement descriptive : ce qu’un observateur verrait en entrant. Tenue et hygiène, âge apparent rapporté à l’âge réel, qualité du contact visuel, coopération à l’entretien. L’attitude se qualifie sobrement : adaptée, réticente, méfiante, familière, opposante. Ces éléments prennent leur sens dans la comparaison avec les consultations précédentes, ce qui suppose qu’ils soient écrits à chaque fois.

2. Comportement et psychomotricité

Elle décrit l’activité motrice : normale, ralentie, augmentée, agitée. Elle consigne aussi les mouvements anormaux, dont certains orientent vers un effet indésirable médicamenteux : tremblement, syndrome parkinsonien, akathisie, dyskinésies tardives. Les signes catatoniques (immobilité, catalepsie, négativisme, écholalie, échopraxie) se décrivent ici et méritent d’être nommés précisément, car ils modifient la conduite à tenir.

3. Discours

Le discours se décrit dans sa forme, pas dans son contenu, qui relève de la pensée. On note le débit (ralenti, normal, accéléré), le volume, la latence de réponse, la spontanéité, la prosodie. La logorrhée, la pauvreté du discours et le mutisme sont des observations de forme. Confondre forme et contenu est l’erreur la plus fréquente dans cette rubrique.

4. Humeur et affect

L’humeur est la tonalité émotionnelle durable, rapportée par le patient, idéalement citée entre guillemets. L’affect est l’expression émotionnelle observée : sa nature (triste, anxieux, euphorique, irritable), son intensité, sa gamme (large, restreinte, émoussée, abrasée), sa mobilité (modulable ou figée) et sa congruence avec le discours. Un affect émoussé, un affect incongruent et une labilité émotionnelle n’ont pas la même valeur d’orientation.

5. Pensée : cours et contenu

Le cours décrit la manière dont les idées s’enchaînent : associations lâches, tangentialité, circonstancialité, coq-à-l’âne, fuite des idées, barrages, persévération. Le contenu décrit ce qui occupe la pensée : préoccupations, ruminations, obsessions, phobies, idées de culpabilité ou d’incurabilité. Une idée délirante se caractérise par son thème (persécution, grandeur, référence, mystique, somatique), son mécanisme (interprétatif, hallucinatoire, intuitif, imaginatif), sa systématisation et le degré d’adhésion. L’idéation suicidaire se consigne ici de manière explicite, y compris lorsqu’elle est absente.

6. Perceptions

On précise la modalité sensorielle (auditive, visuelle, cénesthésique, olfactive, gustative), le contenu, la fréquence et le retentissement comportemental. Les hallucinations acoustico-verbales se décrivent dans leur forme (voix commentant, dialoguant, injonctives), l’aspect injonctif conditionnant l’évaluation du risque. La déréalisation et la dépersonnalisation se consignent également dans cette rubrique.

7. Fonctions cognitives

Vigilance, orientation temporelle et spatiale, attention et concentration, mémoire immédiate, de travail et à long terme, langage, fonctions exécutives, calcul. Une fluctuation de la vigilance associée à une désorientation d’installation rapide oriente vers une confusion et impose une recherche de cause somatique. Un test bref de dépistage, quand il est réalisé, se consigne avec son score et sa date. Une évaluation approfondie relève d’un bilan neuropsychologique.

8. Jugement et insight

L’insight est la conscience que le patient a de son trouble et l’attribution qu’il en fait. Le jugement est sa capacité à anticiper les conséquences de ses décisions. Ces deux éléments conditionnent la question du consentement aux soins et l’adhésion au traitement, ce qui en fait la rubrique la plus lourde de conséquences pratiques du compte rendu.

Exemple de compte rendu psychiatrique (cas fictif)

Patient fictif, créé pour cette page. Aucune donnée réelle n’y figure. L’exemple reprend la structure complète d’un compte rendu, avec l’examen de l’état mental en position centrale.

COMPTE RENDU DE CONSULTATION PSYCHIATRIQUE Patient : M. Untel (patient fictif), 41 ans. Consultation du 12 juin 2026, cabinet, entretien libre, 45 min. Adressé par son médecin traitant. MOTIF "Je n'arrive plus à aller travailler." HISTOIRE DE LA MALADIE ACTUELLE Depuis environ trois mois, humeur triste quasi quotidienne, perte d'intérêt pour ses activités habituelles, réveils précoces vers 4h, perte d'appétit avec 4 kg en deux mois. Arrêt de travail depuis quinze jours. Début rapporté après une réorganisation de son service. Pas d'épisode comparable antérieur. ANTÉCÉDENTS ET TRAITEMENTS Personnels psychiatriques : aucun suivi antérieur. Somatiques : hypertension artérielle traitée. Addictologiques : alcool occasionnel, pas de tabac. Familiaux : un épisode dépressif traité chez la mère. Traitement en cours : antihypertenseur, posologie inchangée. EXAMEN DE L'ÉTAT MENTAL Présentation : tenue correcte, hygiène conservée, âge apparent conforme. Contact visuel bref mais présent, coopérant, attitude adaptée. Comportement : ralentissement psychomoteur modéré, pas de mouvement anormal, pas de signe catatonique. Discours : débit ralenti, volume bas, latence de réponse augmentée, spontanéité réduite, prosodie peu modulée. Humeur et affect : humeur rapportée comme "vide, éteinte". Affect triste, de gamme restreinte, peu modulable, congruent au discours. Pensée : cours ralenti, cohérent, sans association lâche ni barrage. Contenu marqué par des ruminations de dévalorisation et de culpabilité professionnelle, sans caractère délirant. Idées de mort passives exprimées ("j'aimerais ne pas me réveiller"), sans scénario, sans intention, sans accès à un moyen létal identifié. Perceptions : pas d'élément hallucinatoire ni de trouble de la perception rapporté ou observé. Fonctions cognitives : vigilance normale, orienté dans le temps et l'espace, attention réduite avec plainte de concentration, mémoire cliniquement conservée, pas de trouble du langage. Jugement et insight : reconnaît un changement d'état et l'attribue à son travail, demande d'aide active, jugement préservé, apte au consentement. ÉVALUATION DU RISQUE Idées de mort passives sans planification ni intention. Facteurs de protection : entourage familial présent, demande de soins, absence d'antécédent de tentative. Pas de critère d'hospitalisation. Réévaluation rapprochée programmée. Consignes de recours en urgence remises et expliquées. CONCLUSION Épisode dépressif caractérisé d'intensité modérée, isolé, sans caractéristique psychotique (DSM-5-TR ; CIM-11 6A70). Diagnostic différentiel discuté : trouble de l'adaptation avec humeur dépressive, cause somatique ou iatrogène, trouble bipolaire (aucun argument d'antécédent hypomaniaque retrouvé à l'interrogatoire). PLAN Bilan biologique de débrouillage, dont TSH. Instauration d'un traitement antidépresseur discutée et expliquée, information sur le délai d'action et les effets indésirables initiaux. Orientation vers une psychothérapie structurée. Prolongation de l'arrêt de travail. Réévaluation à quinze jours, plus tôt en cas d'aggravation.

Exemple fictif, à visée illustrative. Les éléments diagnostiques et thérapeutiques n’ont pas valeur de recommandation.

Quatre erreurs qui affaiblissent un compte rendu

  • Conclure dans la description. Écrire « déprimé » dans la rubrique affect ferme le raisonnement avant la conclusion. La description est descriptive, la synthèse conclut.
  • Omettre les négatifs pertinents. L’absence d’idéation suicidaire, l’absence d’élément hallucinatoire et l’absence d’argument pour un antécédent hypomaniaque sont des informations : non écrites, elles laissent penser que la question n’a pas été posée.
  • Employer un vocabulaire flou. « Bizarre », « agité », « perturbé » ne décrivent rien de reproductible. Le vocabulaire descriptif de la sémiologie psychiatrique existe précisément pour éviter cela.
  • Confondre forme et contenu de la pensée. Un discours accéléré est une observation de forme, une idée de persécution un élément de contenu. Les mélanger rend la rubrique inexploitable pour un confrère.

Quand le compte rendu est destiné à un correspondant, il se reformule en courrier au médecin confrère, plus synthétique et centré sur ce que le destinataire doit savoir. La question de l’enregistrement de l’entretien et de son cadre est traitée dans le silo enregistrer une consultation.

Ce que j’ai observé sur cette partie du compte rendu

J’ai conçu Pllume en observant le quotidien d’une professionnelle de la santé mentale très proche de moi, puis en travaillant avec des psychiatres qui utilisent le produit. Sur l’examen de l’état mental, une constante revient : la rubrique la mieux tenue est celle de l’humeur, et les plus souvent abrégées sont le cours de la pensée et l’insight. Ce sont pourtant celles qu’un confrère lit en premier quand il reprend un dossier.

La raison n’est pas un manque de rigueur : c’est que ces rubriques demandent un vocabulaire précis au moment où le praticien est le plus fatigué. C’est ce constat qui m’a convaincu de spécialiser le produit sur la santé mentale plutôt que d’adapter un outil médical généraliste, et de le concevoir pour les psychiatres avec leur sémiologie, pas avec un modèle de consultation générique. La validation reste toujours au praticien.

Questions fréquentes

Que contient un compte rendu psychiatrique ?+

Un compte rendu psychiatrique comporte l’identification et le contexte de la consultation, le motif, l’histoire de la maladie actuelle, les antécédents et les traitements, l’examen de l’état mental, l’évaluation du risque, la conclusion diagnostique référencée au DSM-5-TR ou à la CIM-11, et le plan de soin. L’examen de l’état mental en est la partie descriptive centrale.

Quelles sont les rubriques de l’examen de l’état mental ?+

Les huit rubriques canoniques sont : présentation et attitude, comportement et psychomotricité, discours, humeur et affect, cours et contenu de la pensée, perceptions, fonctions cognitives, puis jugement et insight. Elles se rédigent dans cet ordre, du plus observable au plus interprétatif.

Quelle différence entre humeur et affect ?+

L’humeur est la tonalité émotionnelle durable rapportée par le patient, décrite si possible avec ses mots. L’affect est l’expression émotionnelle observée par le clinicien pendant l’entretien : sa nature, son intensité, sa mobilité et sa congruence avec le discours. L’humeur se recueille, l’affect s’observe.

L’examen de l’état mental remplace-t-il l’anamnèse ?+

Non. L’anamnèse recueille l’histoire du patient et de son trouble ; l’examen de l’état mental décrit l’état clinique constaté pendant l’entretien. Les deux sont complémentaires dans un compte rendu : l’anamnèse situe, l’examen photographie.

Un examen de l’état mental peut-il être rédigé automatiquement ?+

Une première version structurée peut être produite à partir de l’entretien, avec le consentement du patient. Le psychiatre reste seul juge du vocabulaire descriptif retenu, de la conclusion diagnostique et de l’évaluation du risque, qu’il valide avant intégration au dossier.

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Sources et références

L’examen de l’état mental est un cadre sémiologique classique de la psychiatrie, décliné avec des variantes selon les écoles et les manuels. Les références ci-dessous sont celles qui font autorité sur la terminologie et le cadre de la tenue du dossier.

  • Organisation mondiale de la santé, Classification internationale des maladies, onzième révision (CIM-11), chapitre des troubles mentaux, comportementaux et du neurodéveloppement. icd.who.int
  • American Psychiatric Association, Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, cinquième édition, texte révisé (DSM-5-TR). psychiatry.org
  • Haute Autorité de Santé, recommandations de bonne pratique en psychiatrie et travaux sur la tenue du dossier du patient. has-sante.fr
  • Conseil national de l’Ordre des médecins, code de déontologie médicale, article 45 relatif à la fiche d’observation et au dossier professionnel. conseil-national.medecin.fr
  • Paula T. Trzepacz et Robert W. Baker, The Psychiatric Mental Status Examination, Oxford University Press, ouvrage de référence sur la rubrique.

Cette page est informative. Elle ne remplace ni une formation médicale accréditée, ni le jugement clinique du praticien, qui reste seul responsable de son compte rendu, de sa conclusion diagnostique et de l’évaluation du risque.

Le compte rendu structuré depuis l’entretien

Pllume restitue un examen de l’état mental structuré à partir de la consultation, avec la sémiologie psychiatrique attendue. Le dernier mot vous revient. Prise en main gratuite, démonstration personnalisée possible sur demande.

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